Gord

Obtenir la police
Spécimen 1 de Gord
Spécimen 2 de Gord
Spécimen 3 de Gord
Spécimen 4 de Gord
Spécimen 5 de Gord
Spécimen 6 de Gord
Spécimen 7 de Gord

Le travail d’un graphiste professionnel consiste parfois à produire un résultat professionnellement raté. Un magasin discount fictif, une marque alimentaire premier prix, un motel louche, une campagne de déstockage ou un emballage volontairement bas de gamme peuvent perdre tout leur sel dès que la typographie devient trop raffinée. Pourtant, diriger artistiquement un mauvais graphisme crédible est étonnamment difficile. Mélanger d’anciennes polices sans lien entre elles, décaler les lettres par rapport à la ligne de base, adoucir les bords et introduire juste assez de maladresse peut vite produire un chaos arbitraire plutôt qu’une identité vraisemblable. Gord rassemble ces mauvais choix dans un système reproductible.

Ses formes ont été délibérément assemblées à partir d’idées typographiques incompatibles des années 1970, issues notamment de Pump, Churchward et Bauhaus, sans chercher à reproduire un style historique cohérent. Les lettres ont été adoucies et décalées verticalement juste assez pour suggérer négligence, mauvaise fabrication ou jugement douteux, sans devenir un lettrage gaiement bondissant. Gord n’est pas mal faite ; elle a été soigneusement dessinée pour sembler mal choisie.

Elle est donc particulièrement utile aux marques et décors fictifs. Cinéma, télévision, animation et jeux ont régulièrement besoin d’entreprises censées avoir survécu des décennies sans refonte compétente : motels régionaux, supermarchés discount, bowlings, entrepôts de meubles, restaurants à bas prix, chaînes locales du câble, pièges à touristes et produits de consommation douteux. Gord installe immédiatement ce passé sur les devantures, fausses publicités, emballages d’accessoires, cartons-titres, visuels de véhicules et lettrages de décor.

L’effet tient moins à une reconstitution exacte des années 1970 qu’à un souvenir inventé du graphisme commercial qui a mal tourné. Une police d’époque superbement documentée peut rendre un supermarché fictif trop réfléchi. Gord fournit l’autre couche d’histoire visuelle : l’enseigne qui était probablement une mauvaise idée dès son installation et qui est quand même restée quarante ans.

Les emballages de consommation peuvent adopter la même stratégie délibérément. Snacks, plats surgelés, confiseries, sauces, boissons en canette et collaborations en édition limitée gagnent parfois à paraître moins chers, plus anciens ou moins sophistiqués qu’ils ne le sont réellement. Gord prend en charge nom de marque, nom de saveur ou immense formule promotionnelle pendant qu’une typographie d’accompagnement nette porte ingrédients et mentions réglementaires. L’emballage peut ressembler à un produit de marque de distributeur oublié sans se comporter comme tel.

Les grandes campagnes commerciales donnent un autre cadre où le mauvais goût délibéré devient un outil visuel maîtrisé. Ventes d’entrepôt, événements de magasins d’usine, promotions de déstockage, chaînes discount et plateformes de seconde main peuvent avoir besoin de visuels qui annoncent le bas prix avant même que le client lise une étiquette. Gord propage ce langage sur affiches de vitrine, présentoirs, titres de campagne, publicités numériques et installations temporaires, avec assez de cohérence pour qu’une agence gère tout le déploiement.

La même laideur volontaire peut fonctionner dans la mode et les produits dérivés lorsque la nostalgie soignée paraît trop prudente. Une collection capsule, collaboration streetwear, gamme de produits sous licence ou campagne fondée sur le mauvais goût peut employer Gord comme interruption dans une identité autrement soigneusement produite. Le contraste compte : la typographie semble négligente parce que tout ce qui l’entoure ne l’est pas.

Gord est à son meilleur lorsque le visuel doit laisser voir des choix discutables. Ses formes dépareillées, son rythme vertical lâche et ses contours adoucis peuvent donner à une marque ou à un décor fictif l’air d’avoir accumulé son identité par hasard plutôt que d’être sorti d’un processus de design contemporain.

Parfois, la solution professionnelle est une typographie qui donne l’impression que personne n’a engagé de professionnel.

Obtenir Gord

Les licences Desktop couvrent les imprimés, les logos et les images statiques. MyFonts propose aussi des licences d’intégration pour les sites web, les livres numériques et les applications. Licences d’intégration

Informations sur les polices commerciales

Détails de la famille

Première publication
2010
Styles
1 style
Version
1.204
Formats
OTF
Classe
Sans empattement
Forme
Géométrique
Casse
Capitales et minuscules
Écritures
Latin
Usage
Titrage
Caractéristiques
Usé
Noms des styles commerciaux (1)
  • Regular