J’ai lancé Telephoto le 8 janvier 2007 pour retrouver une allure analogique du milieu du XXe siècle. Je voulais qu’elle évoque le caractère général de Franklin Gothic ou de News Gothic sans faire trop directement référence à l’une ou à l’autre, en visant plutôt une allure générale de grotesque du début du XXe siècle. Je suis parti de Doradani, une version plus modernisée de Franklin Gothic, et j’ai inversé cette démarche : j’ai refermé les formes pour donner au dessin une apparence plus ancienne et plus traditionnelle.
Pour renforcer cette impression analogique, j’ai transféré les contours dans Photoshop et introduit de légers décalages, avant d’ajouter un peu de flou puis de les vectoriser automatiquement pour les ramener dans le logiciel de création de polices. L’intention était purement esthétique : je voulais donner l’impression que le caractère sortait d’un matériel d’impression imparfait plutôt que d’un processus numérique. Parmi les détails que j’ai ajoutés figuraient de discrètes ligatures de paires de lettres qui rompent la répétition et donnent au texte un rythme plus naturel. J’ai aussi choisi une hauteur d’x relativement grande, à la fois utile en pratique et contribuant à son allure d’époque.
Le nom Telephoto venait du lettrage que je me souvenais avoir vu sur les bords des négatifs photographiques et des diapositives. Elle était vendue commercialement dès le départ et n’a jamais été distribuée comme police gratuite. Le 12 juin 2015, je l’ai mise à jour pour étendre la couverture linguistique au latin étendu. Telephoto n’a été utilisée dans aucun projet largement connu, mais je l’ai dessinée pour fonctionner aussi bien en titrage et en lettrage que dans le texte courant, en apportant la chaleur discrète de l’impression analogique à la typographie numérique.