J’ai présenté Almonte le 23 décembre 1999. C’était une tentative rapide, improvisée, de donner à un caractère sans empattement l’allure d’un caractère en bois, entièrement réalisée en numérique sans m’appuyer sur de vrais caractères en bois. J’ai simplement imaginé son apparence, puis je l’ai construit de toutes pièces avec des outils numériques.
J’ai publié la famille en trois finitions : standard, veinage du bois et neige. À l’époque, je la voyais comme une alternative gratuite à des polices comme Poplar, parce qu’il y avait peu d’options gratuites dans ce style d’affiche aux caractères gras. Au lieu de chercher l’authenticité, j’ai exagéré les formes, en les rendant lourdaudes et pataudes — parce qu’il faut parfois qu’un caractère assume le « laid » pour trouver le ton juste.
Le nom vient d’Almonte, en Ontario, où vit ma sœur, ce qui me semblait convenir à un dessin au caractère rural. Almonte a immédiatement eu du succès et s’est retrouvée sur des étiquettes de produits, des enseignes de restaurants et beaucoup de sites web. Je l’ai aussi vue dans des maquettes imitant le style des anciennes affiches composées avec des caractères en bois.
Ce n’était pas la seule fois que je m’essayais à ce genre de dessin rustique exagéré. Bench Grinder, arrivée plus tard, était encore plus lourdaude et étrange. En avril 2024, j’ai placé Almonte dans le domaine public pour qu’elle puisse continuer à circuler librement.